Les bleues et jaunes de la castagne

Le roller-derby gagne du terrain depuis une dizaine d’années en France. Anticonformiste dans sa façon d’appréhender le sport de contact, ce sport est ouvertement imprégné d’un héritage féministe. Clermont-Ferrand a son équipe depuis 2013 : les Auver’niack.

 

Au gymnase Ambroise Bugière à Clermont-Ferrand, tous les jeudis soirs, l’ambiance devient électrique. Perchées sur leurs patins, Karlinka, Six Feets Thunder, Fee’nomemal, le Finosorus, Gaby’scoto, Black Sabbath, Z, la Galette ou encore El Oradum Al s’échauffent puis s’élancent sur le track (la piste) prêtes à l’affrontement.

P1130828

Tout droit venu des Etats-Unis, ce sport de combat atypique est né dans les années 1930. « Au départ, explique Léa ‘Z’ Zelenkauskis, le roller-derby avait vocation à être un spectacle, un peu comme le catch. La notion sportive est arrivée un peu plus tard. »  Le roller derby tire aussi ses origines dans les mouvements féministes des années 1970, porte-drapeau d’une émancipation du corps féminin : « il y a un esprit punk et underground derrière, précise Naïs ‘Black Sabbath’. Quand on intègre une équipe de roller derby, il faut connaître et l’assumer ! »

Des origines féministes et un esprit sportif

P1130851

Elles ont quasiment toutes découvert ce sport grâce au film Bliss, sorti en 2009 et ont été conquises par la mentalité du roller derby. Mais les incendiaires joueuses des Auver’niacks n’ont pas l’âme de féministes radicales, « nous sommes engagées, mais nous restons plutôt soft », souligne Léa ‘Z’ Zelenkauskis. Elles se sont dirigées vers ce sport pour son esprit de solidarité féminine, sans préjugés. « Tous les profils sont les bienvenus, qu’on soit petite, grande, tatouée, poilue ou pas, grosse, mince, maquillées ou non : on s’en fous, du moment qu’il y a de castagne », s’en amuse Laetitia ‘Karlinka’ Duroux.

À cela s’ajoute un esprit punk et « une bonne dose d’autodérision », lance Gabrielle ‘Gaby’scoto’ Jimenaz. Surtout, la tolérance, vis-à-vis du corps se ressent dans certaines règles comme celle du misconduct :  quand quelqu’un est irrespectueux, se moque d’une joueuse ou lui fait volontairement mal, elle est éliminée du jeu directement.

De la violence et des patins

Le roller-derby a conservé son caractère scénique des débuts, notamment par le biais des derby names, des tenues extravagantes, casques « pimpés » et chaussettes longues, ce qui attire énormément les « aficionados ». Alors, Daphnée Levergeois préfère prévenir : « le roller derby ce n’est pas que des noms badass, il faut être parée à recevoir des coups ! »   Cette ouverture d’esprit et le respect qui anime ces amazones du patin est inversement proportionnel à la violence sur le track. Elles ont le roller-derby dans la peau : « On se tape tellement de bleus que ça en devient une fierté, une petite médaille », confie, sourire aux lèvres Elaura ‘El Oradum Al’.

Elaura est une fresh-meat, c’est-à-dire, une débutante, une viande fraîche à dézinguer sur le track. Si elle a choisi de faire du roller-derby c’est pour toutes les valeurs que ce sport véhicule. « Et puis, ajoute-elle, c’est dans l’ère du temps. On se prend des coups, on se relève, on n’est pas des princesses fragiles !  Ça montre qu’on est des femmes indépendantes, qui s’assument et qui se foutent de la société, c’est girl power avant tout ! »

 Pour les découvrir c’est par ici

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s