Annie-Paule Bec, l’électron libre au féminin

Annie Paule Bec est membre de l’antenne riomoise du club service Soroptimist, qui lutte, entre autres, pour les droits des femmes. Elle en est la présidente depuis deux ans. Rencontre avec une femme engagée, indépendante et épanouie.

Dès qu’elle rentre dans une pièce, Annie-Paule Bec l’envahit de son aura. Une longue chevelure noire teintée de minuscules reflets gris, soigneusement attachés à l’aide d’une barrette noire, l’allure bohème, sourire aux lèvres, petites lunettes rondes rouges sur le nez, panier en osier à l’épaule.

« Avec Annie-Paule, il ne faut pas être pressé », glisse Philippe, son conjoint. « L’heure, je n’y arrive pas, depuis 60 ans, je ne sais pas l’heure qu’il est, plaisante Annie-Paule Bec. Donc je passe mon temps à courir ! »

Annie-Paule Bec se définit comme un « électron libre ». Elle n’a pas d’enfants, et n’est pas mariée. Elle vit séparément de son conjoint, lui dans une maison aux allures de musée à Riom, elle à Châtel-Guyon. « Notre mode de vie est tellement atypique », sourit-elle. Complètement épanouie, elle a toujours balayé l’idée d’être « de ces femmes entretenues par leurs maris ».

L’indépendance vissée au corps

Cette indépendance, elle la doit, à son schéma familial : « Mes parents se sont connus à 20 ans et ont attendu dix-huit avant de m’avoir. Alors, j’ai toujours pensé qu’il fallait vivre sa vie avant de songer à des enfants. »

Sa jeunesse, Annie-Paule Bec la passe dans un pensionnat de religieuse à Clermont-Ferrand (Saint-Alyre). Là-bas, elle apprend à se tourner vers les autres. « Nous devions fréquenter des associations, nous allions dans les maisons de retraites s’occuper des personnes âgées isolées, ou des personnes aveugles. C’était si intense de découvrir des histoires cachées derrière ces visages. »

Cette philosophie la mène vers l’associatif. « J’ai commencé avec l’amicale des anciens
élèves de Saint-Alyre et en un éclair, j’ai fini présidente », se souvient-elle. Quand elle entre dans le monde du travail à 25 ans, elle trouve « curieux » que seuls les hommes aient l’opportunité de grimper les échelons : « J’ai découvert l’existence du plafond de verre ».

Ses lunettes de soleil rondes posées sur les yeux, elle s’arrête. « C’est parce que j’ai grandi dans un modèle familial très égalitaire, examine-t-elle. Ma mère et ma grand-mère travaillaient autant que leurs maris. » Tributaire de cette bienveillance familiale, entourée de figures féminines, elle réalise le décalage de son éducation avec la réalité du monde extérieur :

« C’est à ce moment-là que je me suis dit que les femmes avaient des choses à gagner. »

Durant ces années dans la branche touristique, cette pétillante femme voyage beaucoup. « J’avais besoin d’explorer le monde après être restée entre les quatre murs de l’Institution », admet-elle.

Finalement, elle retourne à son activité de cœur : l’associatif. En 2008, elle intègre les Soroptimist Riom, Volvic, Châtelguyon. « On ne postule pas dans ce genre de club, il faut être cooptée. » Annie-Paule Bec les découvre en suivant Philippe dans les diverses actions avec le Lion’s Club riomois. Elle tente le tout pour le tout et s’inscrit spontanément, « puis, une amie de Philippe a accepté de devenir ma marraine : je devenais officiellement une membre ». Là-bas, elle y trouve un combat qui ne cesse de l’animer depuis : « Contribuer au bien-être des femmes et leur apporter des opportunités »

De nombreuses associations pour défendre ses valeurs

 A la tête du club désormais, Annie-Paule Bec multiplie les actions. « Récemment, nous avons organisé un salon, appelé Talents de femmes. Il mettait en valeur les créatrices, autrices, artistes », explique-t-elle. Tandis qu’elle pianote sur son ordinateur portable pour y trouver les photos de l’événement, elle se met à rire. Elle pointe du doigt son écran d’accueil, plein à craquer de fichiers. « C’est ça, aussi d’être dans autant d’associations ! »

Dans combien est-elle membre ? La pluri-associative auvergnate ne saurait les compter. « Elles m’apportent toutes beaucoup. Dès qu’un projet se concrétise, je me dis qu’à notre petit niveau, on a pu agir pour changer des choses dans la vie de ces gens. » Elle fait aussi partie de l’association « Marche pour le ruban rose », qui lutte contre le cancer du sein.

Et si elle conçoit son féminisme comme une simple volonté « d’améliorer la vie des femmes, sans artifices et sans créer un malaise avec les hommes », Annie-Paule Bec n’en reste pas moins la figure inspirante d’une femme indépendante, luttant pour la défense du droit des femmes.

Sur certains débats entourant les droits de la femme, elle ne préfère pas s’étaler, par sagesse. Comme pour le voile. « Si des femmes portent le voile pour être tranquille, par choix. Je n’ai rien contre. Mais qu’elles ne se laissent pas influencer. Je pars du principe qu’il faut toujours conserver sa liberté et avoir accès aux choix . »

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