Trouver des solutions à la précarité menstruelle à Clermont-Ferrand : « Les protections hygiéniques ne devraient pas être un luxe »

ÉtudianteS, migrantes, sans domicile… Autant de femmes touchées par l’impossibilité de se procurer des protections périodiques. des associations clermontoises se sont emparées de la question, Pour les aider.

C’est un rendez-vous mensuel auquel les femmes n’échappent pas. Dans sa vie, une femme passera en moyenne sept ans, quatre mois et vingt-quatre jours à avoir ses règles. En conséquence, elle doit se procurer tous les vingt-huit jours serviettes hygiéniques et autres tampons.
Or, l’achat de ces articles, bien qu’ils soient essentiels, peut s’avérer être un parcours du combattant. « C’est une histoire de femmes, ce ne devrait pas être un luxe », clame une bénéficiaire du Secours populaire 63 à Clermont-Ferrand.

450 € par mois. Le budget dont dispose cette jeune femme de 26 ans l’oblige à faire des choix : « Il suffit d’un prélèvement mal anticipé et je devrais sacrifier une sortie au cinéma pour une boîte de tampons. » Alors, pour avoir un « problème en moins », cette jeune femme va opter pour l’implant, qui devrait stopper ses flux. « Et puis quand on ne peut pas faire autrement : c’est système D », ajoute une autre bénéficiaire. A savoir : du papier toilette ou des torchons. Christelle Giral, responsable approvisionnement au Secours populaire 63, est familière de la précarité menstruelle : «  Déjà, les femmes n’osent pas en demander. Ensuite, lors des dons, les gens ne pensent pas aux produits d’hygiène intime. » Au Secours populaire 63, le prix des serviettes s’élève à 50 centimes pour les bénéficiaires.

Le système D privilégié

Malgré tout, les stocks sont pauvres, tout simplement parce que « les gens ne pensent pas à glisser ce type de produits lors des collectes.…», se désole Christelle Giral. Au fil de ses maraudes et rencontres avec des migrantes, Marie, du collectif Clermont fait monde, a pu constater la gravité des situations. « Les serviettes hygiéniques ne figurent pas en haut des besoins pour ces femmes. Elles privilégient leur famille », explique cette bénévole. Cette manière précaire de maîtriser ses flux peut, à terme, entraîner des infections, de la mycose à des pathologies plus graves.

Cette précarité menstruelle s’étend aussi aux étudiantes. « Une fin de mois couplée à un début de règles et on se retrouve dans l’impossibilité de faire les activités qu’on souhaite ou aller en cours », considère Mathylde Diouf, du collectif Femmes de mars, au sein de l’association LieU’topie, à Clermont-Ferrand. Et l’option cup alors, censé être plus économique ? « C’est une logistique. elle doit être stérilisée, effectuée dans un endroit propre et avoir accès à un point d’eau. Ce n’est pas toujours possible », justifie Marie.

A Clermont-Ferrand, la question s’immisce dans le débat

Le collectif Femmes de mars, au sein de l’association LieU’topie, a pris les choses en main, récemment, en organisant une collecte de serviettes hygiéniques en début de mois. En tout, le collectif a pu récolter quelque soixante-dix paquets et 60 € de dons (environs 20 paquets) à destination du collectif Clermont fait monde.

La mutuelle des étudiants (LMDE) propose de rembourser, depuis l’année dernière, à hauteur de 25 € par an les protections hygiéniques. Mais, en sondant du côté des étudiantes clermontoises, l’offre de la LMDE est souvent soit inconnue, soit non demandée. «  Moi, par exemple, je suis à la Semerap (l’autre mutuelle étudiante, NDLR), je ne peux pas y avoir droit », souffle Manon, étudiante en droit à Clermont-Ferrand. Du reste, ce montant de 25 € par an permet d’acheter environ trois mois de protections.

Un futur point de collecte permanent ? 

Les collectifs Femmes de mars et Clermont fait monde comptent s’associer avec l’association Règles élémentaires pour lancer un point de collecte de serviettes. Le CIDFF du Cantal a déjà, à l’occasion de la journée internationale du droit des femmes, opté pour une action similaire.

De quoi donner des idées à leurs homologues du Puy-de-Dôme.  « C’est une action à laquelle nous avions déjà pensé, avance Larme Mignol, directrice du CIDFF 63. Mais reste que le sujet est tabou. « C’est pourquoi nous militons pour que ces protections soient remboursées. Parce que, finalement, cela ne s’arrête pas à nous. Cela s’étend à la société », juge Marine Upellini du collectif Femmes de mars.

Article publié sur le site La Montagne

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